mer.
21

POESIE CE2

Par Mme Guerin dans la catégorie CE1-CE2, Poésies

poesie rentrée CE2

jeu.
14

Poésies des mois d’avril et mai…

Par Mme Guerin dans la catégorie Poésies, poésies CM

Ces poésies sont à lire pour le 20 avril. Tu devras ensuite en choisir une et l’apprendre pour le 11 mai.

 

Le renard et le corbeau
ou si l’on préfère
la (fausse) poire et le (vrai) fromage

Or donc, Maître Corbeau,
Sur son arbre perché, se disait: « Quel dommage
Qu’un fromage aussi beau,
Qu’un aussi beau fromage
Soit plein de vers et sente si mauvais.

Tiens ! voilà le renard : je vais,
Lui qui me prend pour une poire,
Lui jouer, le cher ange, un tour de ma façon.
Ça lui servira de leçon ! »
Passons sur les détails, vous connaissez l’histoire
Le discours que le renard tient,
Le corbeau qui ne répond rien
(Tant il rigole !),
Bref, le fromage dégringole…
Depuis, le renard n’est pas bien ;
Il est malade comme un chien.

Jean-Luc MOREAU, Poèmes de la souris verte

 

Le corbeau et le renard

Maître corbeau, sur un arbre perché,
        Tenait en son bec un fromage.
Maître renard par l’odeur alléché ,
        Lui tint à peu près ce langage :
        «Et bonjour Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
        Sans mentir, si votre ramage 
        Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois»
A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie;
        Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec laisse tomber sa proie.
Le renard s’en saisit et dit: « Mon bon Monsieur,
            Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute:
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. »

Le corbeau honteux et confus
Jura mais un peu tard , qu’on ne l’y prendrait plus.

Jean de La Fontaine

 

Le Boeuf qui veut se faire aussi petit que la Grenouille

Un boeuf apercevant une alerte grenouille
Fut saisi de ravissement.
Il la contemple, il s’agenouille :
Quels bonds! Même le firmament
Semble être à sa portée! Le lourdaud se décide
A l’imiter.
Il marche, il saute, il court, il va dans le torride
Après-midi d’été,
Comme si mille taons le harcelaient sans cesse.
Trempé de sueur, le mufle bas, il demande: « Est-ce assez? » Mais la grenouille rit,
Et semble s’envoler. Alors le boeuf est pris
D’un courage héroïque : il jeûne, il boude l’herbe
Verte, fraîche, superbe.
« Suis-je à votre niveau? – Pas tout à fait encor!
– Ma taille est-elle fine? – Accentuez votre effort! »
Le balourd se résigne
A souffrir pour avoir la ligne.
En quelques jours il perd
Son port majestueux, sa peau flotte, il a l’air
D’une pauvre carcasse.
Ses flancs se sont creusés, ses os percent sa peau
Il trépasse bientôt.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Les femmes bien en chair envient les fils de fer
Et jeûnent pour avoir l’air d’un haricot vert.
Les messieurs bedonnants s’agitent sur les plages
Comme des garçonnets;
L’épais béton copie la dentelle de pierre;
La pesante voiture envie la montgolfière ;
Sur scène on voit se contorsionner
L’énorme cantatrice
Voulant susurrer, en discrète actrice,
Sa terrible clameur.
Et l’on peut allonger la liste :
Le plus lourd des rimeurs
Singe le léger fabuliste.

Jacques CHARPENTREAU
La poésie dans tous ses états (1984)

 

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant: « Regardez bien, ma soeur;
Est-ce assez? dites-moi: n’y suis-je point encore?
Nenni– M’y voici donc? -Point du tout. M’y voilà?
-Vous n’en approchez point. »La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs ,
Tout prince a des ambassadeurs, 
Tout marquis veut avoir des pages.

Jean de La Fontaine

 

La Fourmi et la Cigale

Une fourmi fait l’ascension

d’une herbe flexible

elle ne se rend pas compte

de la difficulté de son entreprise

elle s’obstine la pauvrette

dans son destin délirant…

pour elle c’est un Everest

pour elle c’est le Mont Blanc

Ce qui devait arriver arrive

elle choit patatratement

une cigale la reçoit

dans ses bras gentiment

Eh! dit-elle point n’est la saison

des sports alpinistes

vous ne vous êtes pas fait mal j’espère

et maintenant dansons dansons

une bourrée ou la matchiche.

Raymond Queneau

 

La cigale et a fourmi

La cigale , ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle
«Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’oût , foi d’animal,
Intérêt et principal
La fourmi n’est pas prêteuse ;
C’est là son moindre défaut
«Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
– Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien : dansez maintenant.»

Jean de La Fontaine

 

mar.
01

Poésies printemps CE2-CM1

Par Mme Guerin dans la catégorie Poésies

Voici les poésies pour les CE2. Je choisis une poésie, je la recopie et je fais l’illustration pour le mercredi 9 mars.

Pâquerette

Pâquerette, pâquerette,
Il y a des gouttes d’eau
Sur ta collerette
Et tu plies un peu le dos…
Pâquerette, pâquerette,
Le beau soleil printanier
Viendra-t-il les essuyer ?
Pâquerette, pâquerette,
Qui souris près du sentier,
Je te le souhaite…
Pâquerette, pâquerette,
Il y a sur ton cœur d’or
Un frelon en fête ;
Tant il est ivre qu’il dort !
Pâquerette, pâquerette,
L’aile du vent printanier
Va-t-elle le balayer ?
Pâquerette, pâquerette,
Qui rêves près du sentier,
Je te le souhaite.

Philéas LEBESGUE (1869-1958)

Renaissance

Papillons de toutes les couleurs,
Déployez vos ailes de nacre
Car l’air est empreint de douceur
Grâce au printemps dont c’est le sacre !
Fleurs aux beaux pétales colorés,
Laissez planer vos doux parfums
Car cet hiver blanc s’en est allé
Après de longs mois, enfin !
Arbres aux longues branches nues,
Parez-vous de vos habits fleuris
Car à présent le moment est venu
De profiter d’une nouvelle vie.
Insectes, oiseaux et autres petites bêtes,
Réveillez-vous d’un lourd sommeil
Car le printemps est à la fête
Sous l’œil bienveillant du soleil.

Karine Persillet

Sentier printanier

Il est un sentier creux dans la vallée étroite,
Qui ne sait trop s’il marche à gauche ou bien à droite.
C’est plaisir d’y passer, lorsque moi sur ses bords
Comme un jeune prodigue égrène ses trésors.
L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard d’azur,
Et le gai bouton-d’or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots.
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles.
À rendre riche en miel tout un peuple d’abeilles.

Théophile GAUTIER

Voici les poésies pour les CM1. Je choisis une poésie, je la recopie et je fais l’illustration pour le mercredi 9 mars.

Sentier printanier 

Il est un sentier creux dans la vallée étroite,
Qui ne sait trop s’il marche à gauche ou bien à droite.
C’est plaisir d’y passer, lorsque moi sur ses bords
Comme un jeune prodigue égrène ses trésors.
L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard d’azur,
Et le gai bouton-d’or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots.
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles.
À rendre riche en miel tout un peuple d’abeilles.

Théophile GAUTIER

Premier sourire du printemps

Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement, lorsque tout dort,
Il repasse les collerettes
Et ciselé les boutons d’or.
Dans le verger et dans la vigne,
Il s’en va furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.
La nature au lit se repose,
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.
Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril, tournant la tête,
Il dit : « printemps, tu peux venir. »

Théophile Gautier

 

Printemps

Tout est lumière, tout est joie.
L’araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Les rondes dentelles d’argent.
La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l’étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.
La rose semble, rajeunie,
S’accoupler au bouton vermeil
L’oiseau chante plein d’harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.
Sous les bois, où tout bruit s’émousse,
Le faon craintif joue en rêvant :
Dans les verts écrins de la mousse,
Luit le scarabée, or vivant.
La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d’opale
D’où la douceur du ciel descend !
Tout vit et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L’ombre qui fuit sur l’eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !
La plaine brille, heureuse et pure;
Le bois jase ; l’herbe fleurit.
– Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

Victor Hugo

dim.
31

Poésies CE2-CM1

Par Mme Guerin dans la catégorie Poésies

Poésie CE2 :

Virgule

Hep là! Pensez à moi! Je m’appelle VIRGULE.
Je suis une courte inspiration,
Je sers à une bonne compréhension.
Je m’appelle VIRGULE,
Je fragmente discrètement
Vos longues tirades de petits temps.
Je m’appelle VIRGULE,
Plus légère qu’un souffle,
Je m’appelle VIRGULE
Et personne ne s’essouffle
Je m’appelle VIRGULE
J’ai l’air insignifiant,
Ne vous y trompez pas, je suis très importante.
Je m’appelle VIRGULE,
M’avez-vous remarquée?
Je m’appelle VIRGULE,
Je me suis envolée.

Geneviève Carron

Poésie CM1 :

Point virgule

Un moment s’il vous plaît ! Je suis le point-virgule ;
Physiquement moins gracieux que ma sœur Virgule
Et moins léger aussi, mais elle est minuscule ;
Aussi mes interventions dans les phrases
Sont-elles plus pesantes, ont-elles plus d’emphase ;
Mais nous nous ressemblons Virgule et moi,
D’ailleurs elle est ma sœur, rien d’étonnant à cela !
Nous respectons les mots et ne les jugeons pas
Nous respectons leur sens et ne le changeons pas ;
Nous nous contentons de modérer leur débit
Nous ne leur demandons qu’un très léger petit répit
Pour leur laisser poursuivre ensuite la même idée,
Qui courait mot à mot lorsque nous sommes entrés.
On m’appelle aussi intermède
Puisque je laisse reprendre l’idée qui me précède.

Geneviève Carron

mar.
05

Poésies CE2/CM1

Par Mme Guerin dans la catégorie Poésies

Je recopie ma poésie en sautant des lignes et je l’illustre pour le mercredi 12/01.

Poésie CE2 sur le thème de l’hiver :

Mon hiver

Mon hiver est parfumé
De cendres, de feux de cheminées.
D’encens et de lavande,
pour tous mes enrhumés…

Mon hiver est beau
De blanc et de glace
De givre sur les arbres,
De palais transparents.

Mon hiver je l’entends
Grincer dans les branches,
Craquer sous mes pas
Souffler dans les ruelles…

Je colle mon nez à la vitre
Mon hiver est buée
A nouveau il m’invite,
à me recroqueviller.

Véronik Leray

Poésie CM1 sur le thème policier :

Le polar du potager

Drame dans le potager :

Le jardinier s’est fait voler.

On lui a tout pris,

Il n’a plus un radis.

L’inspecteur La Binette

Vient mener l’enquête :

Il interroge la courgette,

Elle n’est pas dans son assiette.

Le navet n’est pas là,

Toujours au cinéma, celui-là !

– Nom d’un gratin, mais quel mystère !

S’exclame la pomme de terre.

– Je veux voir un avocat !

Hurle le rutabaga.

Dans le potager, c’est la foire d’empoigne

Quand tout à coup, en pleine macédoine,

Le radis perdu refait son apparition.

Il était parti aux champignons.

Anne-Lise Fontan

mar.
17

Poésie CE2/CM1

Par Mme Guerin dans la catégorie Poésies

La poésie est à finir de recopier et d’illustrer pour le mercredi 24/11 et à apprendre pour le 8/12.
Il faut apprendre le premier, le dernier paragraphe et un troisième paragraphe qui est au choix.

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom
**
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom
**
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
**
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom
**
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
**
Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom
**
Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
**
Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
**
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
**
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom
**
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
**
Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom
**
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom
**
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom
**
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom
**
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
**
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
**
Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom
**
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
**
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté
**
Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942